Addenda — Pluriel d’addendum :
notes additionnelles complétant un ouvrage, un texte.


fruits d’une production intensive des années 70 à nos jours, des millions de produits finis textiles - foulards, vêtements - semblent inutilisables. tout du moins ils n’intéressent plus personne. ils n’ont pas perdu leur utilité pratique, ils ne sont pas usés, mais il leur manque quelque chose pour rivaliser avec leurs concurrents actuels, « tendance ».
la question est bien ici : la mode et les nouveautés perpétuelles qu’elle propose se confrontent à une réalité politique. doit-on participer à cette spirale grossissante ? continuer à amplifier ce trop au détriment de la planète ? c’est bien une question que se posent les consommateurs mais aussi celle qui devrait guider les créateurs. je n’ai pas envie d’être moralisatrice, ni de recréer des basiques encore plus basiques. j’ai toujours envie d’inventer, de créer, de raconter des histoires, de m’amuser de notre quotidien. et le vêtement et les accessoires sont un très beau support, qui donne aussi du sens. c'est un vaste champ d’exploration.


la récolte de ces foulards s’est faite au fil des rencontres, des vide-greniers, des voyages, ce sont tous des « deuxièmes mains ». la question de la beauté et la laideur est sous-jacente, toujours discutable, toujours subjective… ces accessoires m’ont semblé démodés, ils étaient fades, mais présentaient des qualités, une couleur, un sujet amusant, un format ou une matière intéressante.
je les ai choisis car ils me semblaient incomplets.
le projet Addenda consiste en une action de composition : je leur donne un nouvel attrait, une deuxième vie, une nouvelle histoire. Je prends le temps de les reconsidérer, de réfléchir à comment raviver les couleurs existantes, créer les éléments graphiques qui peuvent les enrichir, cacher ou montrer des détails. ensuite, j’interviens directement sur chaque foulard, en plaçant chaque élément à la main, pièce par pièce. chaque foulard incarne alors un nouveau parti-pris graphique, il raconte une nouvelle histoire, il reprend vie. il est dorénavant unique et numéroté.

une fois, "complété", j'accompagne chaque création d’un titre, d’un texte, d’un poème, d’un nouveau début.